Certaines montres connectées estiment la tension avec un capteur optique, puis vous demandent de les étalonner chaque mois avec un vrai tensiomètre. La Huawei Watch D3 fait autre chose : dans le bracelet se cache un petit brassard d'air, une micropompe le gonfle et la tension est réellement mesurée, comme avec l'appareil du médecin, mais au poignet.
Je la porte depuis le 26 septembre, jour et nuit. En dix jours, j'ai fait deux holters tensionnels de 24 heures, plus d'une centaine de mesures, des marches, des nuits de sommeil et la comparaison avec mon Omron de bras. Ce test part de là.
Prix : 449 € au tarif catalogue en Italie, disponible depuis fin septembre sur le Huawei Store, sur Amazon, dans les chaînes d'électronique et, nouveauté, dans une première sélection de pharmacies.
En bref : ce qui change par rapport à la Watch D2
Le principe de mesure est le même que sur le modèle précédent, et Huawei ne revendique pas de meilleure précision. Les nouveautés se trouvent toutes autour :
- Plus fine : 11,3 mm contre 13,3 pour la D2. Au poignet, la différence se sent.
- Écran plus grand et plus lumineux : 1,92 pouce (contre 1,82) et un pic de 3 000 nits, environ le double de la D2.
- Tension avant et après l'effort : nouveau mode certifié pour la marche, la course et le vélo, avec un conseil sur l'intensité si la tension de départ est élevée.
- Analyse de l'arythmie à partir de l'onde de pouls et estimation de la rigidité artérielle.
- GPS double fréquence (L1 + L5) et Bluetooth 6.0.
- Recharge plus rapide : environ 75 minutes de 0 à 100 %.
Celles et ceux qui ont déjà une D2 et en sont satisfaits peuvent la garder. Celles et ceux qui partent de zéro aujourd'hui doivent, selon moi, se tourner vers la D3.
Fiche technique
| Dimensions | 46,5 × 41 × 11,3 mm |
|---|---|
| Poids | environ 40 g sans bracelet (environ 75 g avec le bracelet gonflable) |
| Matériaux | Boîtier en alliage d'aluminium, verre en façade, fond en plastique |
| Écran | AMOLED de 1,92", 480 × 408 pixels, 328 ppp, pic de 3 000 nits |
| Tension | Méthode oscillométrique avec micropompe et airbag dans le bracelet ; mesure unique, holter 24 heures, avant et après l'effort (dispositif médical CE) |
| Capteurs | Accéléromètre, gyroscope, boussole, cardiofréquencemètre optique, SpO2, ECG monopiste, température cutanée, baromètre, capteur de pression différentielle |
| Connectivité | Bluetooth 6.0, GPS double bande (GPS, Galileo, GLONASS, BeiDou, QZSS), NFC |
| Audio | Microphone et haut-parleur, appels Bluetooth |
| Autonomie | jusqu'à 6 jours annoncés (5 à 7 dans mon usage), environ 1 à 2 jours avec le holter 24 heures activé |
| Recharge | Sans fil magnétique propriétaire, environ 75 minutes |
| Poignet | de 13 à 21 cm, avec des bracelets M (13-16 cm) et L (16,1-21 cm) tous deux fournis |
| Compatibilité | Android 9 ou ultérieur, iOS 13 ou ultérieur |
| Coloris | Noir, Or, Or clair |
| Prix | 449 € |
Design et confort : enfin, on dirait une montre
La première Watch D ressemblait à un instrument médical déguisé. La D3, elle, passe pour une montre connectée rectangulaire ordinaire : boîtier en aluminium noir, couronne moletée à droite, un bouton en dessous et la grille du haut-parleur de l'autre côté. Le design est très basique, il ne fait pas se retourner les têtes, mais il ne détonne pas non plus avec une chemise.


Elle paraît un peu plus épaisse que la moyenne, mais la faute en revient au bracelet, qui abrite le coussin d'air. Au poignet, pourtant, elle est extrêmement confortable, même la nuit. Quand une mesure démarre, le brassard se gonfle et serre fermement, mais si la montre est bien positionnée, elle ne gêne jamais. Deux bracelets (M et L) sont fournis, ainsi qu'une règle en papier pour mesurer le poignet : mieux vaut s'en servir, car la bonne taille compte ici plus que sur n'importe quelle autre montre connectée.
Un conseil pratique : le bracelet respire peu. Le rincer de temps en temps et le laisser sécher évite les mauvaises odeurs.
Écran et cadrans
La dalle AMOLED de 1,92 pouce est excellente. Avec un pic de 3 000 nits, on lit sans problème même en plein soleil, les couleurs sont vives et les textes nets. Les écrans consacrés à la tension, avec graphiques et moyennes, exploitent bien l'espace rectangulaire.


Le point faible, ce sont les cadrans. Les cadrans gratuits de base n'enthousiasment pas, et pour obtenir quelque chose de plus séduisant, il faut passer par la boutique, où beaucoup sont payants. Ce n'est pas un drame, mais sur une montre à 449 euros, je m'attendais à un meilleur choix.
La tension : comment elle mesure et quelle est sa précision
C'est la raison pour laquelle on achète la D3. Il n'y a pas de capteur qui estime la tension à partir du flux sanguin : il y a une micropompe qui gonfle l'airbag du bracelet et un capteur qui lit les oscillations de l'artère pendant que l'air s'échappe, avec la même méthode oscillométrique que les tensiomètres de bras. C'est pourquoi elle n'a pas besoin d'étalonnage, et pourquoi la fonction est certifiée dispositif médical en Europe. Huawei a aussi enregistré une étude clinique selon la norme ISO 81060-2, celle qui sert à valider les tensiomètres.
Pour une mesure correcte, on s'assoit, on pose le poignet contre la poitrine à hauteur du cœur et on reste immobile et silencieux pendant une trentaine de secondes. On peut la lancer depuis le menu ou, plus commodément, avec le bouton programmable.


La comparaison avec mon Omron de bras, en mesurant l'une après l'autre, s'est mieux passée que je ne le pensais. La diastolique est pratiquement identique, tandis que la systolique au poignet a tendance à sortir un peu plus basse, de quelques millimètres de mercure. Ce n'est pas un cas isolé : plusieurs tests indépendants montrent le même écart vers le bas, parfois plus large que le mien. La D3 convient donc très bien pour suivre l'évolution dans le temps et remarquer si quelque chose change, mais une valeur anormale doit toujours être revérifiée avec un tensiomètre de bras et, si elle se répète, avec le médecin.
Durant la semaine du 28 septembre au 4 octobre, l'appli a recueilli 120 mesures au repos : 107 dans la norme, 4 dans la fourchette « élevée », 2 en hypertension de grade 1 et 7 basses. La moyenne a été de 107/71 mmHg avec 62 battements par minute.
Holter tensionnel de 24 heures : la meilleure fonction
Le holter tensionnel, ou MAPA, est la fonction qui justifie à elle seule le prix. On le règle depuis la montre ou l'appli : le jour, il mesure à intervalles réguliers (toutes les 15 ou 30 minutes, au choix), la nuit il suit les horaires que vous lui avez donnés.
Le jour, quand la mesure démarre, la montre vibre et demande de ramener le poignet contre la poitrine. Si vous marchez ou parlez à ce moment-là, la mesure peut échouer, et il y a ici un détail à connaître : lors de mon deuxième holter, les 3 et 4 octobre, l'appli a signalé des données diurnes valides insuffisantes et n'a présenté le résultat qu'à titre indicatif. Autrement dit : lors d'une journée agitée, il faut être attentif aux vibrations et s'arrêter quelques secondes.
La nuit, en revanche, c'est parfait. Elle n'allume pas l'écran, se gonfle, mesure et se dégonfle en silence. Malgré la pression sur le poignet, elle ne m'a jamais réveillé et n'a pas perturbé mon sommeil.


Le rapport final est clair et peut être exporté pour le médecin. Voici mon premier holter, du 26 au 27 septembre :
| Période | Moyenne | Mesures |
|---|---|---|
| 24 heures | 107/71 mmHg | 39 |
| Jour | 113/77 mmHg | 25 |
| Nuit (23 h 32 - 6 h 27) | 96/61 mmHg | 14 |
| 2 heures après le réveil | 108/77 mmHg | 3 |
L'appli calcule aussi la baisse nocturne (le fameux dipping : 15 % pour la systolique et 20 % pour la diastolique dans mon cas), le pic du matin et la variabilité. Ce sont les mêmes paramètres qu'un holter classique, à ceci près qu'ici, il n'y a pas de brassard au bras avec un tuyau qui sort de la manche pendant 24 heures. Pour qui doit surveiller sa tension, c'est un changement de cap énorme.
Santé, sommeil et sport
Outre la tension, la D3 offre tout ce qu'on attend d'une montre connectée dédiée à la santé : ECG monopiste, analyse de l'arythmie à partir de l'onde de pouls, SpO2, température cutanée, détection de la respiration pendant le sommeil et estimation de la rigidité artérielle.
Le suivi du sommeil avec TruSleep, le comptage des pas et les activités légères comme la marche m'ont paru très précis, dans la lignée de ce que j'ai vu sur des montres de sport haut de gamme comme les Garmin. Le GPS double bande a lui aussi suivi mes marches sans problème.


La nouveauté la plus intéressante pour les sportifs est la mesure de la tension avant et après l'entraînement. Si la tension est élevée avant de sortir, la montre conseille de réduire l'intensité. Ce n'est pas une montre de sport pour marathoniens, mais pour qui marche, court ou fait du vélo en gardant un œil sur sa santé, c'est un ajout judicieux.
Usage quotidien et notifications
L'interface s'apprend en cinq minutes :
- Balayage de haut en bas : réglages rapides.
- Balayage de bas en haut : notifications, à lire et éventuellement à effacer.
- Balayage de gauche à droite : widgets.
- Pression sur la couronne : menu complet des applis.
- Bouton inférieur : entièrement programmable, idéal pour lancer à la volée une activité physique ou l'ECG.
Les notifications arrivent impeccablement depuis le téléphone. Avec le microphone et le haut-parleur, on répond aux appels depuis le poignet, il y a des réponses rapides et le NFC pour les paiements, qui en Italie passent par Curve Pay : ça marche, mais ce n'est pas aussi pratique que Google Wallet ou Apple Pay. Les applis tierces sont peu nombreuses : la D3 fait bien ce qu'elle sait faire, ce n'est pas une montre à remplir d'applis.
L'appli Huawei Health
La configuration initiale est très rapide. Le reste de l'expérience avec l'appli, disponible pour Android et iOS, convainc moins. L'écran principal est un mur de cases carrées, une pour chaque donnée, et au milieu des données apparaissent des promotions, des cours premium et des offres sur d'autres produits Huawei. Les informations y sont toutes, et même détaillées, mais il faut les chercher.


Comparée à des applis plus épurées comme Santé d'Apple, Huawei Health est moins intuitive et trop dense. Un conseil : avec l'option « Modifier » en bas de l'accueil, on peut retirer les cartes qui n'intéressent pas, et la situation s'améliore nettement.
Android ou iPhone ?
Elle fonctionne avec les deux, mais avec des différences. Sur Android, l'appli Huawei Health n'est pas sur le Play Store : on la télécharge depuis le site de Huawei (ou depuis l'AppGallery) et on l'installe à la main. Une fois cela fait, tout fonctionne, réponses rapides comprises. Sur iPhone, l'appli est sur l'App Store, mais certaines fonctions sont plus limitées, à commencer par les réponses aux messages. Je l'ai utilisée avec un Android et je n'ai eu aucun problème.
Batterie et recharge
L'autonomie est excellente pour une montre qui gonfle une pompe plusieurs fois par jour : dans mon usage, avec quelques mesures quotidiennes, des notifications et le suivi du sommeil, je tiens sans effort entre 5 et 7 jours. Avec le holter 24 heures activé, la consommation augmente beaucoup et on tient 1 à 2 jours, ce qui est normal : on fait des dizaines de mesures dans la journée.
La recharge complète prend environ 75 minutes avec la base magnétique et le câble USB-C fournis. Attention toutefois : la recharge est propriétaire. La D3 ne se recharge pas sur les chargeurs sans fil Qi ordinaires ; si vous voulez une seconde base pour le bureau ou les voyages, il faut acheter celle d'origine Huawei.
Attention à l'eau
C'est le point à connaître avant d'acheter. Malgré la certification IP68, la boîte contient une notice très claire (les mêmes avertissements figurent sur la page officielle) : elle ne doit pas être utilisée sous la douche ni pour nager, et doit être tenue à l'écart des saunas et des thermes.
Se laver les mains ou recevoir un peu de pluie n'est pas un problème, mais il vaut mieux l'essuyer tout de suite. Un contact prolongé avec l'eau ou la vapeur peut s'infiltrer dans la valve qui échange l'air avec l'extérieur et abîmer le mécanisme de gonflage du bracelet, compromettant les mesures suivantes. Quiconque a l'habitude de ne jamais retirer sa montre devra changer ses habitudes.
Les alternatives
| Produit | Comment elle mesure la tension | À savoir |
|---|---|---|
| Huawei Watch D3 | Brassard gonflable, dispositif médical CE | La plus fine de la famille, holter 24 heures, 449 € |
| Huawei Watch D2 | Brassard gonflable, comme la D3 | Coûte moins cher, mais est plus épaisse (13,3 mm) et a un écran plus petit et moins lumineux |
| Samsung Galaxy Watch | Estimation optique | Doit être étalonnée toutes les quatre semaines avec un tensiomètre de bras |
| Apple Watch | Analyse optique sur 30 jours | Avertit d'une possible hypertension, mais ne donne pas de valeurs en mmHg |
| Hilo (ex-Aktiia) | Bracelet optique continu | N'est pas une montre connectée et doit être étalonné avec le brassard chaque mois |
Aujourd'hui, si l'on veut une vraie valeur de tension au poignet sans étalonnage, le seul choix parmi les montres connectées répandues est la famille Watch D de Huawei. Pour qui cherche plutôt une montre plus sportive ou plus légère, il y a notre guide des meilleures montres connectées, tandis que la Huawei Watch Fit 5 offre la même plateforme santé pour un tiers du prix, sans la tension.
Questions fréquentes
La Huawei Watch D3 mesure-t-elle la tension de façon fiable ?
Oui, dans les limites d'un tensiomètre de poignet. Elle utilise un vrai brassard gonflable avec la méthode oscillométrique et est certifiée dispositif médical. Dans ma comparaison avec un Omron de bras, la diastolique est presque identique, la systolique sort un peu plus basse. Elle sert à suivre l'évolution ; une valeur anormale doit être revérifiée avec le tensiomètre de bras et avec le médecin.
Peut-on se doucher ou nager avec la Watch D3 ?
Non. Malgré l'IP68, Huawei déconseille la douche, la natation, le sauna et les thermes, car l'eau peut entrer dans la valve d'air et endommager le système de gonflage. Les mains mouillées et la pluie ne posent pas de problème, mais il vaut mieux l'essuyer ensuite.
Combien de temps dure la batterie avec le holter 24 heures ?
En usage normal, on tient entre 5 et 7 jours. Avec le holter tensionnel 24 heures activé, qui fait des dizaines de mesures par jour, l'autonomie tombe à 1 à 2 jours. La recharge complète prend environ 75 minutes.
Fonctionne-t-elle avec un iPhone ?
Oui, avec iOS 13 ou ultérieur et l'appli Huawei Health de l'App Store. Par rapport à Android, certaines fonctions sont plus limitées, comme les réponses aux messages. Sur Android, en revanche, l'appli doit être téléchargée depuis le site de Huawei, car elle n'est pas sur le Play Store.
Vaut-il mieux la Watch D3 ou la Watch D2 ?
La mesure de la tension est la même. La D3 est plus fine de 2 mm, a un écran plus grand et environ deux fois plus lumineux, un GPS double bande, la mesure avant et après l'effort et une recharge plus rapide. Si vous avez déjà la D2, ce n'est pas une mise à niveau obligatoire ; si vous achetez aujourd'hui, la D3 vaut la différence.
Quel bracelet choisir ?
Les deux sont dans la boîte : M pour les poignets de 13 à 16 cm et L de 16,1 à 21 cm. Servez-vous de la règle fournie, car une mauvaise taille fausse les mesures. En dessous de 13 cm ou au-dessus de 21 cm, la D3 n'est pas indiquée.
Combien coûte-t-elle et où l'acheter ?
Le prix catalogue est de 449 euros. On la trouve sur le Huawei Store, sur Amazon, dans les chaînes d'électronique et dans une première sélection de pharmacies, que Huawei veut élargir dans les prochaines années.
Remplace-t-elle le tensiomètre du médecin ?
Non. C'est un excellent outil pour connaître son évolution et apporter au médecin des données de plusieurs semaines plutôt qu'une seule mesure au cabinet, mais le diagnostic et le traitement restent l'affaire du médecin.
Verdict
La Huawei Watch D3 est avant tout un excellent outil pour la santé cardiovasculaire, et seulement ensuite une montre connectée complète. Elle mesure vraiment la tension, avec des valeurs proches de celles d'un tensiomètre de bras, et le holter 24 heures est une fonction qu'aucune autre montre répandue ne propose : la nuit, elle travaille en silence et le matin, elle vous remet un rapport que vous pouvez apporter à votre médecin. Par rapport à la D2, elle est plus fine, plus confortable et possède un écran nettement meilleur.
Pendant ces dix jours, je l'ai portée avec le Garmin Cirqa à l'autre poignet, et le duo fonctionne : je laisse la tension à la D3, et au Cirqa le suivi continu du sommeil et de la récupération.
Il y a des compromis : pas de douche ni de natation, une appli surchargée et trop pleine de promotions, des cadrans gratuits modestes et une recharge propriétaire. Et 449 euros, cela fait beaucoup pour qui veut seulement compter ses pas.
Pour qui : celles et ceux qui doivent ou veulent surveiller leur tension, qui prévoient un holter et préfèrent le faire sans brassard au bras, qui veulent partager des données concrètes avec leur médecin. Pour qui non : celles et ceux qui nagent ou ne veulent jamais retirer leur montre, qui cherchent une montre de sport pour des entraînements intensifs ou un écosystème riche en applis.
Test Huawei Watch D3
Traduit de l’original italien. Lire en italien



